Un militant popiste peut-il en cacher un autre ? Acte 2
Le militantisme est la carte de visite de Cédric Dupraz. Il est convaincu de la justesse de ses idées et fait de la justice sociale son principal cheval de bataille. C’est un pur et dur de la gauche qui, lorsqu’il s’adresse quelque fois à ses pairs au Conseil général, les appelle « camarades» et ne se gêne pas de citer Karl Marx chaque fois que c’est possible. Il n’hésite pas à brocarder le patronat et la droite le perçoit plutôt comme un «extrémiste» de gauche. Ce portrait doit lui convenir. Par contre, je l’ai côtoyé à la Commission financière et c’est dans ce cadre que j’ai vraiment apprécié un Cédric Dupraz plutôt consensuel et à l’écoute des autres.
L’Impartial du 6 mai dernier, par l’intermédiaire de la plume de Sylvie Balmer, s’intéresse de très près au futur conseiller communal élu, Cédric Dupraz et lui pose des questions pertinentes quant à sa future action au sein du Conseil communal.
En tant qu’élu de la droite, je ne peux m’empêcher de commenter cet article. Le blog est aussi là pour cela !
Cédric Dupraz veut instaurer une véritable politique de la jeunesse. Je me réjouis de voir cette politique mais il ne faudrait pas que la commune se mêle de tout et de rien. N’oublions pas que les sociétés sportives font déjà énormément pour les jeunes et qu’il ne faudrait pas, à mes yeux, que la commue s’ingère plus dans la gestion de celles-ci. Certaines sociétés sportives «historiques» comme celles s’occupant de sport collectif sont déjà très bien aidées par la commune. Au niveau culturel et du volet «activité nocturne pour les jeunes», il est évident que la commune ne peut pas se substituer à des initiatives privées. Par exemple, l’ouverture d’endroits festifs pour les jeunes ne doit pas être générée par la commune. Pour mémoire, le département jeunesse est intégré dans le dicastère de l’instruction publique et jeunesse (Claude Leimgruber, démissionnaire).
Mener à bien la motion portant sur le label «qualité social» dépendra soit du chef du dicastère s’occupant des affaires économiques (Charles Häsler) ou du chef du dicastère s’occupant du service du Travail (Marcelo Droguett). Cette motion déposée par Cédric Dupraz et consorts (POP + PS + Les Verts) le 29 septembre 2004 avait été combattue en vain par la droite. Je pense que cette motion doit actuellement dormir dans un tiroir. Son traitement demandera beaucoup d’énergie. Dans les débats au Conseil général, le Président du Conseil communal avait envisagé que la commission économique devait, dans un premier temps, démontrer la faisabilité de ce label car celle-ci représentait les acteurs de la vie économique et politique de notre commune. Je vois mal des représentant du patronat plancher et consacrer du temps sur ce label social. L’idée est louable mais que penser d’un guide Gault et Millaut social ? Mais bon, nous sommes dans une commune de gauche et toute la gauche était derrière cette motion. Malgré cela, le Conseil communal, à ma connaissance, n’a rien fait.
La création d’un département de l’environnement me préoccupe beaucoup. La création de ce département affaiblirait celui de l’urbanisme et il faudrait créer des postes supplémentaires pour faire fonctionner ce département. D’autre part, je ne pense pas que nous avons la masse critique pour que ce département soit efficient. Enfin si l’urbanisme et ce département étaient dans des dicastères différents, quel département aurait la primauté sur l’autre ? C’est une bonne mauvaise idée.
A mon niveau de simple conseiller général, je ne vois pas dans quel climat tendu nous évoluons avec la Chaux-de-Fonds dans le domaine de l’urbanisme. Le projet Unesco avance bien et bien que les loclois puissent être objectivement frustrés sur le résultat du concours d’aménagement du Crêt-du-Locle, je ne vois pas où il y a un problème. De plus, j’ai de la peine à voir dans quelle mesure on pourrait se bringuer avec nos voisins sur l’urbanisme. A ma connaissance, les autorités locloises ne se mêlent pas des problèmes d’aménagement à La Chaux-de-Fonds et vice-versa non plus. Il ne devrait même pas y avoir des idéologies d’urbanisme différentes car les deux chefs de dicastères sont socialistes. Là j’aurais besoin d’éclaircissement. J’espère en avoir dans les commentaires afin que tout le monde puisse en profiter.
La fusion avec la Chaux-de-Fonds en est au point mort. Le Conseil communal du Locle a décidé de ne pas insister. A titre personnel, je ne suis pas un fusionniste dans l’âme mais j’ai d’autres arguments que Cédric Dupraz à ce sujet. Je ne crains pas tellement la satellisation du Locle mais force de reconnaître qu’il est plus facile pour un chaux-de-fonnier lambda d’intégrer un quartier de 10'000 habitants dans son esprit que pour un loclois lambda d’y voir son centre de décision et de vie se déplacer. Je pense qu’avec un potentiel de 10'000 habitants, Le Locle peut continuer de prendre son destin en main. Mais j’aurais été au bout du processus jusqu’à une votation à ce sujet. C’est pendant la campagne que se définissent les grands axes de notre avenir et que d’excellents concepts peuvent se présenter.
Les relations avec le Canton, c’est un secret de polichinelle, ne sont pas terribles et il semble que les autorités cantonales ne comprennent pas les griefs, qu’elles estiment injustes, que les 2 villes des montagnes neuchâteloises leur adressent. Il faudra certainement attendre la nouvelle donne des élections cantonales de l’année prochaine pour y voir plus clair mais il ne faudrait pas que Cédric Dupraz, avec son tempérament impétueux de militant n’aggrave encore notre cas au cas où le résultat des élections en resterait au statu quo. Nous sommes obligés de collaborer et de parler ensemble.
Le manque d’investissement est le résultat du traumatisme que nous avons vécu lors de la législature 1996-2000 où notre fortune fondait comme neige au soleil. Les années 2000 ont été prospères pour nos entreprises locloises et le POP, désormais majoritaire à gauche, en a extrêmement bien profité. Mais il est vrai que nous n’avons pas un projet porteur pour la majorité de la population à nous mettre sous la dent et il faudra que le conseil communal se souvienne de l’adage «qui n’avance pas, recule ».
Pour revenir au gouffre financier socialiste, Cédric Dupraz oublie vite que le POP était partie prenante de la politique de gauche en ville du Locle et que ce parti en est aussi en grande partie responsable. Je n’ose pas imaginer quel scenario nous aurions dû vivre au cas où il n’y aurait pas eu cette embellie économique qui a démarré au début du nouveau siècle. Il aurait fallu agir ou augmenter les impôts. Cette augmentation n’aurait été possible qu’avec le Conseil d’Etat car la commune aurait été sous tutelle. Mais ça aurait été une autre histoire et je préfère de loin le scenario que nous avons vécu.
C’est avec plaisir que je prends note que certaines rues seront mises à neuf et que ce sera fait. Mais ce sont plus des travaux d’entretien qui auraient dû être fait depuis longtemps que des investissements. L’entretien des rues dépend du dicastère de l’urbanisme et de l’environnement (Florence Perrin-Marti) .
Le dernier point traite des impôts. On a tendance à l’oublier mais les loclois ont l’air d’être satisfait que les montagnes neuchâteloises se distinguent par une pression fiscale assez lourde. Afin d’être complet, celle-ci est certainement compensée par le coût des loyers relativement bas. Le problème est de trouver le juste prix car la politique des bas prix au niveau des loyers a aussi son revers de médaille. Selon le Conseiller communal élu, la baisse d’impôt n’est intervenue qu’en regard de l’augmentation de l’eau. Et bien c’est raté pour passablement de personnes, cette baisse ne compense pas et de loin l’augmentation du prix de l’eau. Pire, elle péjore nettement une catégorie d’habitants que nous voulons attirer au Locle soit les propriétaires de maisons individuelles. Certes l’équilibre des comptes de l’eau est une obligation légale mais il faudra se montrer très fort pour convaincre des personnes de l’extérieur afin qu’elles s’installent au Locle. En effet si celles-ci comparent le prix de l’eau avec les communes environnantes, elles risquent de laisser de côté notre offre. Le prix de l’eau est un sujet sur lequel je reviendrai.
Cédric Dupraz veut mener des actions auxquelles quatre dicastères sont concernés. Du conseil général, on constate un fort cloisonnement des dicastères et je ne vois pas comment un Conseiller communal pourrait se mêler des affaires des autres. Pour illustrer mes dires, le Conseil communal, pour des raisons que j’ignore, avait accepté un rapport lamentable et truffé d’erreurs d’un Conseiller communal de la majorité popiste. Le Conseil général ne s’était pas laissé abuser et avait refusé le rapport. C’est dans ce cas de figure que je me suis rendu compte que le terme «solidarité» même entre membres du même parti du Conseil communal n’existait pas. Si il avait existé, nous n’aurions pas eu des moments pénibles à passer au Conseil général.
Du sang neuf au Conseil communal ne fera pas de mal à cette vénérable institution et je souhaite à Cédric Dupraz que tout se passe bien pour lui. Il y va de l’intérêt de la ville.
Bonne chance, Cédric.